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Interview de Thierry VOIRIN, Agriculteur en Agriculture Régénératrice

  • Be Api
  • Le 27/03/2026
Be API

Thierry Voirin est agriculteur en grandes cultures à Bricon en Haute-Marne. Il témoigne ici de ses pratiques en Agriculture Régénératrice et de son passage à l’Agriculture de Précision avec be Api

Be Api : Quel type d’agriculteur êtes-vous ? Et Comment se présente votre exploitation ?

B. A. : Comment ont évoluées vos pratiques ?

T.V. : Elles ont été façonnées par la nécessité de trouver des solutions aux problématiques rencontrées au fil des campagnes et ma volonté de toujours progresser.  Aussi, en 2019, j’ai décidé de changer de pratiques pour m’orienter sur l’Agriculture Régénératrice. J’ai délaissé mes outils de travail du sol et me suis équipé d’un nouveau semoir, d’un rouleau hacheur et d’une herse à paille. Face à de gros problèmes de gestion des adventices dans les années 2012, aujourd’hui réglés, j’ai augmenté mes rotations, travaillé plus superficiellement mes sols, retardé les dates de semis et, plus tard, intégré des couverts végétaux pour capter du carbone.

Avec des potentiels au plus bas, même dans mes meilleures terres, je suis passé au semis direct et ai fini par intégrer des couverts permanents en interculture. Dès le début, les couverts permanents de légumineuses ont été une réussite en adaptant quelques espèces. Puis j’ai amélioré leur implantation en semant profond, au plus près de la récolte du précédent, pour profiter de la résilience créée par l’humidité des sols et la formation d’un bon réseau racinaire bénéfique au développement foliaire. Au même moment, je me suis davantage intéressé à mon sol et j’ai fait des analyses de terre poussées notamment en microbiologie. Aujourd’hui les couverts produisent entre 20 et 40 unités d’azote par hectare. Et grâce au bon développement de la vie microbienne de mes sols, en 2025, je suis passé de 200 à 130 u/ha d’apports d’engrais azotés au printemps sur colza.

B. A. : Quelles ont été vos motivations pour vous lancer en Agriculture de Précision avec be Api ?

T. V. : En tant qu’exploitant en Agriculture Régénératrice, ce qui m’a intéressé dans be Api c’est l’approche sol, avec la possibilité de mettre la bonne dose au bon endroit, et de redynamiser mes sols rapidement et intelligemment. Je faisais des analyses de terre mais pas suffisamment pour connaitre précisément les teneurs de chaque zone. Avec les cartes satellite et différents outils de mesure de l’azote, je connaissais très précisément les besoins de la plante, mais pas les fournitures en éléments fertilisants ou la structure et le potentiel de production de mes sols. Alors quand Soufflet Agriculture et be Api m’ont proposé au printemps 2025 de faire des analyses de terre tous les 0,8 ha et des fosses pédologiques pour avoir une connaissance précise de la fertilité et du potentiel de mes sols, je me suis dit que ça me permettrait de continuer de progresser sur mes pratiques, et j’ai signé !

B.A. : Comment se passe cette première campagne en be Api ?

T.V. : Grâce à l’accompagnement d’Alexis Humbert, mon conseiller Soufflet en 2025 et de Paul Vannier de be Api, tout est allé très vite. Les diagnostics de Fertilité et de Potentiel ont pu être réalisés pour pouvoir commencer à moduler au printemps 2026. Pour be Api Potentiel, j’ai assisté à la description des 66 profils de sol ! Tout ceci m’a permis de voir que j’avais des zones sous exploitées et d’autres sur fertilisées par rapport à leur potentiel. Dans une seule parcelle, les potentiels peuvent en effet varier du simple au triple. Sur la base du diagnostic be Api Fertilité et de l’outil de conseil de be Api, j’ai revu mes apports en P et K, en déterminant les parts exactes d’engrais organiques et minéraux qu’il était nécessaire d’apporter et à quel endroit. J’ai comme cela pu intégrer beaucoup plus d’organiques comme les composts en fientes et lisier de porc, plus de fumier de bovin. Et j’ai aussi pu tenir compte de la restitution de mes pailles.. Pour la partie azote, j’ai commencé à moduler sur la base de be Api Potentiel et j’ai piloté le dernier apport avec Wanaka (sur colza uniquement).

B.A. : La démarche répond-elle à vos attentes ?

T. V. : Pour le moment je n’ai aucun regret ! Sur mon stock prévisionnel d’engrais azoté, je vais pouvoir économiser 20 t de solution azotée et 15 t d’ammonitrate par rapport à 2025. En PK, alors que je faisais seulement l’entretien de mes cultures, aujourd’hui j’achète des composts bien typés en phosphore pour chaque parcelle et culture, qui correspondent à des besoins bien précis. Cette campagne, je souhaite également utiliser mon diagnostic de potentiel pour réduire les doses de fongicides sur les zones à faible potentiel. Et la campagne prochaine, je compte également moduler mes semis pour augmenter leur densité à l’implantation dans les zones hydromorphes.

Si je n’avais pas été en Agriculture Régénératrice et déjà conscient des avantages de la modulation, je ne pense pas que je serais parti en be Api, car je n’aurais pas nécessairement compris l’intérêt de pousser la connaissance de la vie de mes sols à l’échelle intra-parcellaire. L’Agriculture de Précision s’est avérée être un levier complémentaire pour progresser en Agriculture Régénératrice.

Découvrir le plateau TV “Cultivons les échanges” sur l’agriculture régénératrice avec Thierry Voirin au SIA 2026 à 6:08

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